Tentations
- Bon tu es prêt Edward ? Lança la voix grave de Jasper qui était prêt à balancer sa balle comme une fusée qu'on envoie dans l'espace.
Edward était beaucoup plus loin devant lui, batte en main, prêt à taper. Ce qu'il était beau lorsqu'il se concentrait comme ça, fronçant les sourcils pour mieux voir, et ne fixer qu'un seul but.
Je n'avais jamais rien compris au but du jeu, à part l'essentiel, lancer, taper, courir. Mais je n'étais pas une grande sportive non plus, à vrai dire je détestais ça. Et ce n'était pas une nouveauté ! C'est bien pour ça qu'on ne m'obligeait pas à jouer, Edward était bien placé pour le savoir, je m'arrangeais tout le temps pour sécher les cours de sport, ou alors, je me faisais vite éjecter tant j'étais nulle.
Alice était placée un peu plus loin sur le terrain qu'ils avaient déterminé, je ne savais pas ce qu'elle devait faire, mais elle était au taquet comme tout le monde, quant à Emmett, il était de l'autre coté et il ne détournait pas ses yeux de Jasper.
Moi dans mon coin, je croisai les bras contre un arbre, me doutant que d'une minute à l'autre, je ne verrai plus rien ce n'est des ombres traverser à droite et à gauche, là un énorme inconvénient pour un humain qui observait des vampires courir.
Et j'avais raison, j'entendis le hurlement de Jasper, je vis seulement un trait blanc tracer le ciel – signe que la balle était partie – et puis que des ombres, dans tous les sens.
Je soupirai de désespoir, moi aussi bientôt je pourrai faire comme eux...
Cette pensée me ramena à la triste réalité, j'allais donc, sûre et certaine, me transformer d'ici peu de temps en vampire. Quel mot phénoménale, je n'aurai jamais cru, moi banale fille venant de Phoenix, un jour rencontrer l'homme de ma vie (et en perdre un aussi) et devenir une créature aux allures de félin. Il y avait des avantages, et des inconvénients, et j'avais eu l'occasion de tous les découvrir, du moins les inconvénients surtout. Je n'arrivai pas à effacer de ma mémoire cette pauvre Bree, qui souffrait, qui n'arrivait pas à se contrôler et qui n'avait qu'une envie c'était de me croquer, dans tous les sens du terme. Etait-ce si difficile d'être face à un humain ? Allais-je moi aussi devoir pleurer et pousser des cris jusqu'à ce que ça se calme enfin ?
Je n'étais pas vraiment sûre d'en avoir le courage, mais je savais que je serai entourée, mieux que quiconque. On m'enseignerait, et me connaissant, j'apprendrai vite, je le voulais, et il le fallait. L'idée même de boire du sang me révulsa. Comment était-ce possible d'aimer une telle chose ?
Mais quand j'observais la famille des Cullen, quand je les voyais, tous si beaux, si jeunes et élégants, chacun ayant un pouvoir magnifique à exploiter, vivant comme des gens presque normaux, alors il y avait de l'espoir. Ils n'étaient pas les créatures qu'on pouvait imaginer dans les films, celles qui ne vivent que la nuit, dorment dans des cercueils, et ont des canines aussi pointues que celles des loups.
Je sentis un vent glacial passer devant moi, faisant voler mes cheveux au passage, et quelques secondes après, Edward était à coté de moi – m'arrachant un cri- essoufflé, le sourire aux lèvres.
- Tu n'as pas trop froid ? Me demanda t-il en passant une main dans ses cheveux magnifiques.
- Non du tout, affirmai-je, t'es juste arrivé un peu trop vite.
- Excuse-moi.
J'allais pour l'embrasser, quand Alice intervint, balle en main, sautillant comme une fillette dans l'herbe.
- Alors on joue plus ? Fit-elle un sourire narquois dans le coin des lèvres.
- Tu as gagné, se justifia Edward, bravo.
- Vous les garçons je vais finir par croire que vous êtes faibles.
Elle me fit un clin d'½il, et la minute d'après, Jasper et Emmett étaient là, m'arrachant un autre cri de surprise. Cette manie d'arriver à l'improviste dans mon dos commençait à m'agacer.
- Aux dernières nouvelles, s'impatienta son amoureux en allant vers elle, j'ai gagné, donc la faible, c'est toi.
Elle voulut protester mais il l'embrassa avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit. Je souriais bêtement et je ne m'en étais pas rendue comte.
- Carlisle et Esmé sont en route, annonça Alice en relevant les yeux.
Les garçons se chamaillèrent un instant puis tous les trois ils se dirigèrent vers la grande maison blanche, tandis qu'Edward m'enlaçait la taille avant de me pousser en arrière.
- Tu allais faire quelque chose tout à l'heure... me murmura t-il, un brin de malice dans son ½il que je ne connaissais que trop bien.
- Il me semble, mais on est dérangés toutes les cinq minutes...
- Oh... c'est malheureux ça.
- Oui, râlai-je tandis qu'il m'embrassait le cou.
- Tu ne veux pas essayer de jouer ?
- Quoi ? Hoquetai-je surprise, t'es pas sérieux !
- Pourquoi pas, il faudra bien que tu commences tôt ou tard...
- Edward tu me connais mieux que personne, je serai une catastrophe ambulante !
- Mais non, je vais t'apprendre.
Sans me laisser protester plus longtemps il me tira par la main un peu plus loin sur la pelouse, ramassa la batte en bois et se plaça derrière moi avant d'enrouler ses bras autour des miens. Il me mit l'objet incroyablement lourds entre mes mains, et posa les siennes par-dessus comme pour me guider en même temps.
- Regarde, souffla t-il dans mon cou.
Il entreprit de faire des mouvements légers, de gauche à droite, toujours ses mains sur les miennes, et je ne pu que sourire, déconcentrée par la tension qu'il dégageait derrière moi.
- Il faut que tu tiennes ta batte comme ça... continua t-il lentement tout en bougeant l'objet comme si c'était un drapeau, si tu te concentre assez bien, elle se fondra dans tes gestes...
- Ca à l'air simple comme ça...
- Ca l'est, tout est dans la concentration.
- Comment tu veux que je me concentre si tu me souffles dans la nuque, ricanai-je impuissante.
- Dans ce sport il y a une morale. La concentration doit être de taille, car sinon tu n'atteindras pas ton objectif. Sous n'importe quelle pression, n'importe quelle tempête, tu dois restée figée sur une idée une seule.
- Hm....
- Quand la balle est dans les mains de ton adversaire, tu dois la fixer elle, et rien d'autre. Même si on cherche à te déconcentrer, tu dois restée concentrée, tes yeux rivés sur elle quoi qu'il arrive.
- Mais il n'y a pas de balle là, ripostai-je souriante.
- Pas encore.
Il retira ses mains des miennes, geste qui me surpris, car d'un seul coup la batte sembla peser une tonne comme aspirée vers le sol. Je me ressaisis, et la relevai non sans peine car c'était bien plus facile quand Edward m'aidait à la tenir en l'air. Je ne comprenais pas ce qu'il faisait mais je lui jetai un regard et il semblait concentré, son regard rivé droit devant lui sur la petite balle blanche de base-ball qui était posée sur l'herbe. Lentement, celle-ci bougea et se souleva du sol comme une plume.
- Oh ! Soufflai-je. Comment....
- C'est un base-ball de vampires, me rappela t-il toujours concentré, cette balle n'est pas comme les autres, c'est très utile quand on s'entraîne tout seul.
Puis il relâcha la pression de son regard, et se replaça derrière moi les mains sur ma taille, ce qui me déconcentra plus qu'autre chose, la balle volait toujours face à moi dans le vide.
- Prête ? Demanda t-il.
- Non ! Edward, je n'arrive pas à me concentrer tu es bien trop...
- Sous n'importe quelle pression Bella... murmura t-il, tu dois te concentrer sur ton objectif et rien d'autre.
Je soupirai, redressai ma batte si lourde soit-elle, et fixait l'objet blanc comme neige qui se tenait face à moi comme prêt à me sauter dessus. Pour mieux y arriver, je m'imaginais que c'était un gros méchant vampire et que je n'avais qu'à taper dedans pour me défendre.
Je hochai d'un signe de tête, et la balle s'envola vers moi, je fermai les yeux brusquement et balançai d'un geste vif la batte dans l'espoir de toucher la cible. Au lieu de cela, je fis un tour sur moi-même et m'écroulai par terre sans rien toucher du tout.
- Ce n'est pas en fermant les yeux que tu taperas dedans, rigola Edward en m'aidant à ma relever.
- A première vue cette chose essayait de m'attaquer, me défendis-je en me remettant en place.
- Alors défends –toi, regarde ce qui se passe.
J'écartai un peu plus les pieds pour mieux me tenir et ne pas tomber cette fois-ci, replaça la batte dans ma main et attendit le départ de cette boule blanche qui semblait me fusiller du regard.
Encore une fois, elle vola en ma direction, je ne fermai pas les yeux, mais je ne tapai pas dedans non plus manquant presque de donner un coup à mon voisin, qui s'était baissé à temps.
- Je suis trop nulle ! M'énervai-je, vous êtes tous super doués à ce jeu, je ne ferai que vous ralentir quand j'y jouerai.
- Il y a un début à tout ma chérie.
La balle revint en place, et moi de même, et ce fut pareil pendant dix bonnes minutes, je n'étais pas foutue de taper une seule fois dans la balle. A bout de souffle, et surtout enragée, (c'était bien pour se défouler mais rien d'autre) je lâchai la batte au sol et abandonnai la partie.
- J'en ai marre ! Râlai-je enfin. J'arrête.
- Tu finiras par y arriver, me rassura Edward, ne t'inquiètes pas.
- Je ne crois pas, le sport c'est pas pour moi !
- Laisse-moi te montrer.
Je poussai un soupir, il était évident qu'Edward était bien meilleur que moi, je ne pouvais pas me comparer à lui, ni même aucun de ceux de sa famille. Mais il ne broncha pas, ramassa la batte qui paraissait être une plume pour lui et se positionna, je l'observai incrédule.
La balle s'envola vers lui, et sans bouger d'un poil il la renvoya d'un coup vers les arbres à dix kilomètres de là.
- Facile, marmonnai-je.
- Je n'ai pas quitté la balle des yeux, se justifia t-il, j'étais très concentré.
- Pff.
La balle revint se mettre face à lui et il se replaça prêt à attaquer. J'allais râler, mais une idée me vint à l'esprit, si alléchante, que je m'en mordis la lèvre pour ne pas jubiler.
Lentement j'entrepris de me placer derrière mon amoureux d'une démarche que je voulais silencieuse, comme si je voulais qu'il ne se doute de rien. J'enroulai sa taille de mes bras, il ne broncha pas, ne comprenant pas vraiment où je voulais en venir, ravie, je pris un air innocent, commençant par lui embrasser la nuque.
- Bella... souffla t-il déconcerté. Qu'est-ce que tu fais... j'essaye de te montrer comment te concentrer.
- Je sais, fredonnai-je, mais tu as dit justement qu'il fallait rester concentré sur son objectif, quoi qu'il arrive.
Toujours prenant des airs inoffensifs, j'entrepris de laisser glisser mes mains le long de son torse, si musclé soit-il tout en allant embrasser son oreille.
- Bella... couina t-il.
Je l'ignorai, satisfaite de l'effet que je produisais, j'avais perdue en jouant au base-ball, il était injuste de ne pas en faire autant pour lui, pour toutes les fois où il avait le dernier mot sur moi.
- Allons mon chéri, murmurai-je tout descendant mes mains plus bas, sous n'importe quelle pression...
Je le sentis frémir, ce qui me fit rire, pour ne pas oublier ma mission, je me concentrai d'avantage tout en observant du coin de l'½il sa maîtrise, malgré mes caresses, il tenait toujours aussi fermement sa batte fixant la balle devant lui comme si de rien était. Peu satisfaite qu'il arrive autant à se concentrer, j'entrepris de descendre légèrement plus bas passant ma main sous son pull afin de trouver un contact à son torse glacé. Il n'ignora pas cette caresse puisqu'il fronça les sourcils et s'éclaircit la voix.
- Bella tu triches ! Marmonna t-il interdit.
- Quoi qu'il arrive... répétai-je d'un air innocent tandis que je profitais de cette sensation.
J'attendais que la balle parte, j'en profitai pour descendre encore, il tressaillit, la balle s'envola, et il donna un coup derechef en plein dedans, l'envoyant une fois encore voler dans les arbres.
Frustrée que mes sensations n'aient pas aussi bien marchées, je le regardai d'un air boudeur, croisant les bras attendant qu'il s'explique.
Il se retourna sans que je ne l'attende de si tôt, s'empara de moi, m'emprisonnant dans ses bras si forts et si protecteurs, collant ainsi son corps glacé contre le miens, je tremblais à ce contact si agréable soit-il, et attendis qu'il me rende la pareille, en matière de main exploratrice.
- Tu as triché, souffla t-il tout en m'embrassant le lobe de l'oreille, je ne te savais pas si mauvaise joueuse...
Le contact de ses lèvres sur son oreille, furent comme une électrocution, je ne pu que fermer les yeux et gémir.
- C'est de ta faute, ripostai-je, fallait pas me tenter...
- Tu parles de tentation ?
Je regrettai aussitôt mes mots, puisqu'il m'embrassa, fougueusement. Je ne résistai pas plus longtemps espérant fondre dans ses bras comme un glaçon sur la mer, à ce petit jeu là, je n'étais pas plus forte que lui, même pas du tout. D'ailleurs peu étaient les fois où j'étais plus forte que lui.
Malgré ses caresses le long de ma colonne vertébrale et de mes hanches, et que tout semblait n'être que tension extrême la voix d'Esmé nous ramenèrent tous les deux brusquement à la réalité.
- Edward, Bella !
Edward me relâcha, contre mon gré, peu satisfaite du peu de temps qu'on venait d'avoir rien qu'à nous deux, puis il glissa sa main dans la mienne et nous nous dirigeâmes vers la maison.
Esmé nous attendait sur le pallier de la porte d'entrée, un sourire bienveillant sur les lèvres. Elle dégageait toujours cette beauté calme et parfaite comme un ange ou une bonne fée, celle qui veille sur les plus jeunes et les démunis, je savais qu'à ses cotés, je serai toujours en sécurité.
- Bonjour chérie, me dit-elle en me serrant dans ses bras.
- Bonjour Esmé, répondis-je aussitôt ravie de la revoir.
- Tu reste dormir ce soir ?
- Oui, si cela ne vous dérange pas.
Elle éclata d'un rare qui sonnait parmi celui des oiseaux, j'étais toujours aussi ahurie, quand les vampires riaient. Aurai-je droit à la même richesse de beauté lorsque je serai transformée ?
- Bella, me rassura t-elle, tu seras toujours la bienvenue ! Et puis bientôt, ce ne sera plus la peine de demander...
Pour la remercier, je resserrai un peu mon étreinte dans ses bras et lui offris mon plus beau sourire. J'allais vraiment rejoindre une fabuleuse famille.
- Je voulais te dire que nous avions envoyer toutes les invitations, reprit-elle plus sérieuse.
- Ah ?
Je déglutis. Alors ça y était, ça avait commencé, maintenant que les dés étaient lancés, j'allais devoir supporter beaucoup de jugements à mon égard.
- Ne t'inquiètes pas, Alice s'est chargée de la liste des invités, tu n'auras pas d'ennemis à ton mariage.
- J'espère bien ! M'esclaffai-je encore surprise par le mot « mariage ».
Elle embrassa Edward sur la joue et entra dans la maison, bientôt suivie par nous.
Emmett et étalé dans le canapé du salon, fixant la fenêtre d'un air absent, probablement l'esprit encore dans sa partie de base-ball. A peine rentrée, Carlisle s'avança vers moi, ravi, et posa ses mains sur mes épaules.
- Comment te sent-tu Bella ? Me demanda t-il souriant.
- Bien, avouai-je, même si j'étais angoissée avec toutes ces idées de mariage.
- Très bien...
Son regard se posa sur ma main droite, l'attelle qu'il m'avait posée avait disparu, et je me souvenais pourquoi, c'était pendant la bagarre dans la forêt. Je me doutais qu'il allait finir par le repérer.
- Je peux pas te faire confiance quand il s'agit de tes blessures, maugréa t-il en fronçant les sourcils.
- Hm... désolée ...
Il passa une main dans mon dos, faisant signe à Edward qu'il me relâcherait bientôt, et m'entraîna vers la cuisine. Je m'installai devant la table, comme la dernière fois où il m'avait soignée et attendit qu'il ramène sa superbe trousse de médecin. J'entrepris alors de poser ma main sur la table observant du coin de l'½il ce qu'il sortait de son coté.
- Elle te fait encore mal ? Me demanda t-il en la prenant doucement comme pour ne pas la briser.
- Non... plus trop en fait.
Il y eut un silence, durant lequel il continuait d'examiner ma main afin d'y reposer une attelle et un pansement.
- Tu me feras le plaisir de la garder au moins entière jusqu'au mariage celle-là, ajouta t-il souriant.
Je tressaillis. Et malheureusement pour moi, il l'avait remarqué.
- Tu as peur ? Demanda t-il d'une voix incroyablement douce et apaisante.
- Oui, avouai-je. Je ne me fais pas encore à l'idée de ce mariage...
- Tu penses que tu n'es pas prête ?
- Non. Non je suis prête, et puis je sais que c'est Edward que je veux. Seulement, c'est si impressionnant comme idée, Edward n'a pas la même vision des choses à ce niveau là.
- Tu sais Bella... Edward perçoit le mariage en effet différemment, quand il était jeune... avant sa transformation, c'était une époque bien différente d'aujourd'hui. Il n'avait pas encore connu l'amour non plus, mais il le percevait de la même manière qu'aujourd'hui. Il épouserait la femme de sa vie celle qu'il aimerait jusqu'à la fin des temps. Il ne pensait pas un jour la trouver, encore moins étant ce qu'il est aujourd'hui. Tu as fais revivre son c½ur... forcément, pour toi, dans le monde d'aujourd'hui le mariage est très différent. Mais ne pense pas à ce mot qui t'effraie, pense au véritable sens qu'il dissimule. L'amour, pour le reste de votre vie, vous serez unis, quoi qu'il arrive.
Je l'observai finissant d'accrocher l'attelle à ma main sans plus rien dire. Il avait raison, la seule chose qui m'effrayait était le mot même de « mariage », je m'en étais fait une idée, depuis le jour où j'ai su ce que c'était, mais les choses étaient différentes, et les conséquences aussi, ce ne serait pas un mariage comme on en voit tous les jours.
- Je l'aime vraiment de tout mon c½ur... et de toute mon âme, soupirai-je.
- Je le sais. Et personne d'autre qu'Edward ne pourra te rendre cet amour là.
Carlisle finit enfin son « opération », puis remarqua autre chose. Il souleva d'un air inquiet mon coude, et je me mordis la lèvre reconnaissant la blessure. J'avais oublié que dans ma folie de vouloir aider à tout prix, je m'étais écorchée là où il avait cherché à me soigner d'une blessure assez douloureuse.
- Bella... soupira t-il en secouant la tête.
- Désolée, répétai-je avec un petit sourire en coin.
Il entreprit de tirer de sa petite trousse quelques compresses et une bouteille de désinfectant avant de m'en appliquer sur la blessure non sans m'arracher un gémissement de douleur. Après quoi, il enroula un pansement et me sourit de nouveau.
- Je suis sérieux, reprit-il sincère, essaye de rester intacte, imagine Edward si tu débarques à l'hôtel les membres totalement écorchés de partout. Les gens vont se poser des questions.
- Je ferai de mon mieux, promis-je à vois basse.
Il rangea tout son matériel dans sa trousse et je restai néanmoins assise sur mon tabouret sans bouger.
- Carlisle... demandai-je enfin.
- Oui Bella ?
- Lorsqu'on est transformé... est-ce que... est-ce que notre esprit change ?
Il rangea sa trousse dans l'un des tiroirs de la cuisine et se tourna paisiblement face à moi.
- Tu veux savoir si tes sentiments pour Edward seront les mêmes ?
- Et bien...oui.
- Ils ne changeront pas.
- Mais, je serai différente, je serai un vampire je devrai tuer pour me nourrir, si ma façon de vivre change pourquoi pas le reste ?
- Bella... en effet ta façon de vivre va changer, mais seulement au début, tes sentiments pour mon fils, sont une chose différente. Ta passion pour lui ne s'effacera pas, je te le promets.
- Et lui ? Haletai-je.
- Il t'aimera toujours autant.
- Mais si celle qu'il aime c'est la Bella d'aujourd'hui, si je suis différente !
- Ca ne changera pas, me répéta t-il, tu seras toujours sa Bella.
- J'ai peur d'être différente... avouai-je en fixant mon attelle.
- Tu ne seras pas si différente que ça. Tu as écouté les histoires de chacun de mes enfants, et de leur compagnon, ils t'ont expliqué comment ils étaient avant d'être transformé, sont-ils pour autant si différent aujourd'hui ?
- Non... c'est vrai.
Il s'avança vers moi, posa une main sur mon épaule et m'offrit de nouveau un sourire, celui du futur père et protecteur que j'aurai.
Je descendis de mon tabouret le remerciant une fois encore de m'avoir soigné, espérant que lorsque je serai vampire, je n'aurai plus besoin de ça, puis me dirigeai vers le salon espérant y trouver Edward, mais n'y voyant qu'Esmé et Alice entrain de jouer aux échecs, je devinai qu'il était dans sa chambre.
Je m'empressai de grimper les marches quatre à quatre manquant presque d'en louper une au passage et ouvris la porte de sa chambre aussi rapidement qu'il m'était permis de le faire.
Il était là, allongé sur son grand lit de prince, et semblait m'attendre bien entendu.
- Ca va mieux ? Me demanda t-il de sa voix toujours aussi magnifique.
- Ca a toujours été, pouffai-je.
Je fermai la porte derrière moi et alla le rejoindre, m'allongeant à ses cotés, me blottissant contre son torse.
- J'ai fait la promesse à Carlisle de ne plus m'écorcher avant notre mariage... avouai-je enfin jouant avec ses mains blanches.
- J'en suis ravi !
De son autre main disponible, il me caressait le dos, m'arrachant une cascade de frissons.
- Edward... murmurai-je.
- Hm ?
- Si les vampires ne dorment pas... a quoi occupez-vous vos nuits ?
- A toutes sortes de choses.
- Mais ce doit être ennuyeux, vous n'êtes donc jamais fatigués ?
- Non.
Je réfléchis un instant et me souvenais que chaque fois qu'Edward passait la nuit dans ma chambre, il me regardait dormir, ce devait être affreux pour lui parce que je ne faisais que parler pendant mon sommeil.
- Mais bientôt tu ne pourras plus me regarder toute la nuit, susurrai-je en souriant.
- C'est vrai, je ne pourrai plus tenter de t'endormir en chantant une berceuse.
- Que feras-tu ?
- Hm... j'ai ma petite idée.
Je m'arrêtai de jouer avec sa main un instant, avant de comprendre l'énorme sous entendu qu'il venait d'envoyer, essayant de ne pas rougir, je me contentai de me mordre la lèvre tout en me blottissant d'avantage contre son torse.
Irrésistible tout simplement.
Nous restâmes un moment ainsi, allongés en silence, lui me caressant le dos inlassablement, puis sans vraiment le vouloir ni m'en rendre comte je sombrai peu à peu dans le sommeil même s'il n'était pas tard. Au loin dans le peu de conscience qui me restait, je l'entendais fredonner ma berceuse, cette sensation de m'endormir chaque fois qu'il me la chantait, me manquerait terriblement.